Déchets obsolescence programmée

Obsolescence programmée : 3 inventions sabotées au nom du profit

Lors de mes achats, parmi la jungle de produits qu’on me propose, j’essaye toujours de choisir celui qui sera le plus durable ; l’idée est de le garder le plus longtemps possible et non pas de le remplacer quelques mois plus tard. Mais malheureusement, j’ai appris il n’y a pas si longtemps que ça que le produit le plus durable est celui qu’on ne vend pas. En effet, quel bénéfice y a-t-il pour un fabricant si ses clients achètent un objet qu’ils n’auront jamais à remplacer ? Alors qu’en baissant la qualité de ce produit pour qu’il s’use plus vite, les clients n’en achèteront pas un, mais plusieurs au cours de leur vie !

De mon point de vue de consommatrice, cela me paraît évidemment tout à fait révoltant, et je constate que l’attrait financier sera toujours plus fort que l’aspect éthique. De nos jours, l’obsolescence est partout : dans nos téléphones, que les mises à jours rendent de plus en plus lents jusqu’au moment où ils ne seront plus assez performants pour les supporter, dans nos appareils électroménagers, qui lâchent au bout de cinq ans alors qu’avant ils en duraient trente… Comment se fait-il que ces objets soient moins performants aujourd’hui qu’ils ne l’étaient par le passé ? Est-ce que ça ne devrait pas être l’inverse ? Il s’agit ni plus ni moins d’une régression voulue, et surtout dictée par l’argent.

Voici trois exemples d’inventions intentionnellement sabotées pour faire plus de profit.

Les ampoules

Amploule Livermore 1901

Une webcam filme l’ampoule en temps réel

Lorsque cette ampoule à incandescence a été installée en 1901 dans la caserne des pompiers de Livermore, Californie, personne n’aurait pu croire qu’elle brillerait encore… aujourd’hui ! On pourrait croire du fait de sa longévité qu’elle n’est allumée que quelques minutes par an, mais non : au contraire, elle n’a presque jamais été éteinte. Certes, la puissance de son éclairage a diminué au fil des années, mais il n’empêche qu’elle ne s’éteint pas. Sa robustesse serait due au fait qu’elle ne subit pas d’extinctions et d’allumages répétés, mais aussi à la qualité de son filament et à son herméticité. Pourtant, durant tout le siècle qui suivit son installation, les ampoules perdirent en longévité au lieu d’en gagner, et ont été réduites à une durée de vie d’à peu près 1000 heures. Heureusement, les récentes ampoules à LED sont en train d’inverser la tendance, même s’il y a encore beaucoup de progrès à faire. Mais ces progrès ne sont-ils pas depuis longtemps déjà à portée de main ?

Les bas en nylon

Bas nylonL’histoire des bas en nylon est certainement celle qui symbolise les prémices de l’obsolescence programmée : en 1935, l’entreprise DuPont de Nemours invente le nylon ; elle met sur le marché les premiers bas en nylon dans les années 1940, véritable révolution pour remplacer les bas en soie. Et en plus d’être moins chers, ils ne filent plus ! Sauf que… Voyant leurs ventes dégringoler – les femmes n’ayant plus besoin d’autant les renouveler qu’avant –, les fabricants ont vite fait de changer la formulation du nylon afin de le rendre moins résistant. Une honte lorsqu’on voit qu’aujourd’hui, les bas et collants sont presque à usage unique de par leur fragilité.

Les imprimantes

ImprimanteUn autre exemple édifiant de l’obsolescence programmée est l’imprimante. Il y a quelques années, les imprimantes Epson ont fait scandale lorsqu’il a été découvert qu’elles étaient équipées d’une puce qui comptait le nombre de feuilles imprimées, et qui bloquait l’appareil lorsque ce nombre était dépassé. Mais cette aberration ne se limite pas aux modèles Epson ; elle touche aussi les cartouches d’encre, qui indiquent un faux niveau d’encre, et incitent donc le consommateur à les changer prématurément, alors qu’il reste encore de l’encre à l’intérieur. Une autre « arnaque » dont j’ai été témoin avec ma propre imprimante : l’affichage d’un message incitant à changer les cartouches parce que l’encre est périmée. Heureusement il est quand même possible, avec un peu d’habileté, de passer ce message et de relancer l’impression, car l’encre est encore parfaitement utilisable !

D’autres exemples d’obsolescence programmée moderne

Il y en a à foison :

  • Les batteries : nous avons déjà la technologie nécessaire pour les faire durer plus longtemps
  • Les téléphones portables : les smartphones sont rendus obsolètes à cause de mise à jours et d’applications demandant toujours plus de ressources et rendant le téléphone plus lent. Prenons le cas de l’iPhone : au bout d’un moment, lorsqu’un iPhone est considéré comme trop ancien, Apple enlève toute possibilité à l’utilisateur de faire une mise à jour du système, ce qui au bout d’un moment empêche ses applications de fonctionner, ramenant le smartphone au rang de simple téléphone pour appeler. Six générations d’iPhone ont ainsi défilé en cinq ans. Sans compter le fait qu’Apple change régulièrement la forme des connecteurs de ses appareils et a rendu l’iPhone très difficile à réparer soi-même.
  • Les pneus : plusieurs pneus « increvables » ont vu le jour il y a des années, sans qu’ils soient pourtant utilisés aujourd’hui…
  • etc…

Des solutions ?

Je ne peux pas m’empêcher de finir cet article sur note positive ! Il y a de l’espoir : par exemple, depuis la loi sur la transition énergétique adoptée en 2015, l’obsolescence programmée est enfin considérée comme une infraction et sera passible de 2 ans de prison et 300 000 euros d’amende.

De plus, avec le phénomène d’Internet, de plus en plus de particuliers dotés de bonnes intentions inventent des solutions innovantes et écologiques, et se servent de plateformes de financement participatif (ou crowdfunding) comme Kickstarter pour les financer ; nous ne sommes donc pas à l’abris de nouvelles inventions qui viendront bousculer nos objets du quotidien et les rendront plus durables !

Une dernière recommandation : lors de vos achats, optez toujours pour une solution écologique et surtout réparable. Car l’obsolescence programmée passe aussi par quantité d’objets non réparables, et qu’on préfère changer faute de pouvoir le faire soi-même ; je pense en particulier aux voitures modernes sur lesquelles on ne peut même plus changer une ampoule sans passer par son garagiste, aux téléphones portables qui sont de plus en plus lents au fur et à mesure des mises à jour et qu’il faudra changer alors qu’ils fonctionnent encore, aux ordinateurs comme l’iMac d’Apple qu’on ne peut même plus ouvrir pour changer une simple barrette de mémoire…

On préfèrera donc une voiture avec le moins d’électronique possible, un smartphone entièrement réparable comme le FairPhone 2, et un ordinateur monté soi-même dont on changera les pièces au fur et à mesure, sans avoir à jeter et racheter tout l’ensemble.

Et puis, ne pas lésiner sur la qualité lorsqu’on achète un appareil ; mieux vaut acheter un peu plus cher un produit qu’on n’aura pas besoin de changer quelques mois plus tard (cela vaut aussi pour les vêtements).

Et vous, avez-vous aussi été victime de l’obsolescence programmée ?

 

 

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2 commentaires

Voilà un article vraiment très intéressant. Un passage qui m’a fait tilt, au sujet des smartphones et de leurs mises à jour : j’ignore les appels à mise à jour système du mien, qui est un Sony Xperia plutôt entrée de gamme, donc pas d’excellente qualité à la base… depuis 3 ans, et il marche comme au premier jour (même la batterie, qui a peut-être un peu faibli, mais à peine). Mon mari a eu la gamme au-dessus du Xperia à peu près en même temps que moi, il l’a mis à jour, et il a cessé de fonctionner correctement… au bout de 6 mois !! Édifiant, non ? ^^

Oui, c’est vraiment révoltant… Il y a quelques mois j’ai également fait une mise à jour sur mon smartphone, pensant qu’il était assez récent pour la supporter. Depuis, la batterie se vide à une vitesse impressionnante et beaucoup d’applications ont des problèmes qu’elles n’avaient pas avant !

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