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Stop au gaspillage alimentaire !

Stop au gaspillage alimentaire !

Depuis que je fais mes courses à Dublin, j’ai vu apparaître une catégorie de légumes un peu particuliers : les « Wonky veg« , littéralement « Légumes bancals ». Lorsqu’on regarde à l’intérieur du paquet, on voit des carottes à deux têtes, des champignons un peu tordus, bref tous ces légumes que personne n’aurait choisi en temps normal, mais qui sont pourtant tout aussi bons. Ici, ils sont les stars du rayon, vendus à un prix plus que persuasif.

Des champignons moches

Des champignons moches

Cette action parmi tant d’autres permet de lutter contre le gaspillage alimentaire. Même si les principaux responsables du gaspillage restent les ménages, ils ne sont de loin pas les seuls ! Il suffit de remonter à la source pour s’en rendre compte : bien avant que les fruits et légumes soient mis en rayon, ils sont observés, mesurés, triés, et doivent répondre à de nombreux critères pour arriver entre les mains du consommateur. Il faut qu’ils aient le calibre parfait ; et malgré cela, combien somme nous à étudier la forme des fruits et légumes que nous achetons pour ne choisir que les plus beaux ?

Wonky veg, légumes moches

Des carottes moches

Les Gueules cassées, une initiative française prometteuse

Face à ce gaspillage énorme, la prise de conscience, bien que progressive, est bien là. S’il est commun de trouver des légumes moches en vente dans les magasins de Dublin, la France n’est pas en reste, grâce à l’initiative « Les Gueules cassées« , ce sont des milliers de fruits et légumes « moches » qui sont commercialisés dans certains supermarchés (Intermarché ou Monoprix par exemple), partout en France. Vous les trouverez sous la marque « Quoi ma gueule ? », et payerez bien moins cher que pour des fruits et légumes au calibrage parfait.

Cette année, les Gueules cassées ont décidé de frapper fort en lançant une campagne de financement participatif pour créer une marque antigaspi qui s’étende à d’autres produits de consommation, comme les céréales ou le fromage, qui eux aussi sont victimes de discrimination quant à leur forme ou leur taille !

Cliquez ici pour soutenir leur formidable initiative

Le triste sort des produits parfaits

Tandis que les produits moches sont directement jetés, la réalité n’est pas meilleure pour les produits parfaits qui sont finalement parvenus en rayon : on les jette sans ménagement lorsqu’ils sont proches de la date de péremption alors qu’ils pourraient encore être consommés sans problème, et certains poussent même le vice jusqu’à les arroser d’eau de javel pour être sûr que personne ne pourra plus les manger !

Le film français « Discount« , récemment sorti au cinéma, aborde justement ce thème pour éveiller les conscience. L’histoire tourne autour d’une poignée d’employés d’un grand magasin, qui décident d’ouvrir leur propre magasin alternatif lorsqu’ils découvrent que leur emploi est menacé par la mise en place de caisses automatiques. Ils décident alors de récupérer tous les invendus ou produits proche de leur date de péremption et de les proposer dans leur magasin à un prix réduit.

Si le scénario paraît utopiste, il n’est pourtant pas très loin de la réalité en Belgique : en effet, dans certaines villes belges, les supermarchés sont obligés de donner leurs invendus à des associations d’aide alimentaire ! Pas mal lorsqu’on sait que s’il n’y avait plus de gaspillage alimentaire sur Terre, tout le monde mangerait à sa faim…

Et en France ? Tous les espoirs sont permis, car une proposition de loi similaire a été lancée en ce début d’année à l’assemblée Nationale ; cette loi encouragerait les supermarchés à conclure un accord avec des associations d’aide alimentaire afin de leur faire don de leurs denrées invendues mais encore propre à la consommation. Affaire à suivre…

Quels sont les gestes antigaspi ?

En tant que consommateurs, nous avons plus de pouvoir qu’on ne le croit, et quelques petites habitudes simples à mettre en place peuvent réduire considérablement le gaspillage alimentaire, car rappelons-le, les ménages restent les plus gros gaspilleurs.

1. Préparer une liste de recettes pour la semaine

Cette action permet de n’acheter que ce qui est nécessaire aux recettes que vous allez faire dans la semaine, et donc de ne pas laisser certains produits dont on ne sait que faire pourrir dans le frigidaire. Un autre avantage à préparer sa liste de recettes en avance est d’économiser de l’argent, car on ne risque plus d’acheter de produits en trop. De plus, fini l’éternelle déambulation dans le supermarché à la recherche d’idées qui, la plupart du temps, sont dictées par notre estomac !

2. Demander des « doggy-bags » au restaurant

Je n’ai pas parlé des restaurants dans cet article, mais le fait est que nous gaspillons aussi lorsque nous ne finissons pas notre assiette au restaurant. L’initiative du doggy-bag, de plus en plus commune, consiste à demander au serveur s’il est possible d’emballer et d’emporter les restes de son assiette. Une initiative plus que bénéfique pour notre porte-monnaie, et résolument antigaspi !

3. Noter les dates de péremptions des produits

Pour cela, il vous suffit d’un support papier ou numérique (certaines applications existent pour ça), et de noter les dates de péremption des produits que vous venez d’acheter? Cela peut paraître fastidieux, mais si vous le faites lorsque vous rangez vos courses, cela ne prend pas beaucoup plus de temps. Vous verrez donc d’un seul coup d’oeil quels produits sont sur le point de périmer et, si vous utilisez votre smartphone, vous pouvez même mettre en place des alertes !

4. Faire la différence entre DLC et DLUO

Vous faites vos fonds de placards et remarquez un paquet de gâteaux qui a depuis longtemps passé la date de péremption ? Vérifiez d’abord que cette date est bien une DLC (Date Limite de Consommation) et pas une DLUO (Date Limite d’Utilisation Optimale), car dans ce dernier cas, il ne sera peut-être pas utile de jeter votre paquet de gâteaux ! Pour faire la différence, c’est simple : s’il est écrit « À consommer avant le… », il s’agit d’une DLC, et là, il ne faut pas la dépasser. S’il est écrit « À consommer de préférence avant le… », par contre, il s’agit d’une DLUO ; cela veut dire qu’au-delà de cette date, le produit aura peut-être un goût ou une apparence légèrement différente, mais ce ne sera pas dangereux pour la santé. Bien sûr, même s’il s’agit d’une DLUO, cela n’empêche pas de se fier à ses yeux et à ses papilles pour savoir s’il vaut mieux garder un produit ou le jeter !

5. Cuisiner des restes

Si malgré tous vos efforts, vous retrouvez des restes dans votre frigo, pourquoi ne pas improviser quelques recettes à partir de ce que vous avez ? La pizza a été inventée de cette façon : à la base, c’était une manière (délicieuse !) d’utiliser les restes, que l’on disposait sur une pâte de blé et qu’on faisait chauffer au four. On peut aussi faire des soupes, des purées, et des gratins. Si vous manquez vraiment d’inspiration, le site « Le bruit du frigo » permet de trouver facilement des recettes en entrant les ingrédients qui vous reste.

6. Acheter des produits moches

Être consommateur, c’est aussi voter avec sa carte de crédit ; si vous choisissez des fruits et légumes moches dans votre supermarché, celui-ci continuera d’en mettre en rayon et proposera de plus en plus d’initiatives du même acabit. Alors je dis : à bas la discrimination des fruits et légumes !

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Publié par Stéphanie dans Autonomie, 0 commentaire

Luttons contre le gaspillage alimentaire !

Luttons contre le gaspillage alimentaire – crédit photo : yenoo.be

S’il y a un « mal du siècle », il s’agit bien du gaspillage alimentaire. Quand certains meurent de faim, d’autres n’hésite pas à jeter le tiers de ce qu’ils achètent ! Car oui, c’est bien un tiers de la production alimentaire qui est gaspillée chaque année, soit environ 1,3 milliard de tonnes… Cela fait d’autant plus mal au coeur lorsqu’on pense que le tiers des exploitations produisant des aliments pour la consommation humaine ne sert finalement à rien ! Il ne fait aucun doute que ces denrées gaspillées pourraient sans peine nourrir à leur faim les pays les plus touchés par la famine. Si on ramène les chiffres à un niveau plus individuel, chaque Français gaspillerait 150kg de nourriture par an ! Autant dire que cela a des conséquence non seulement environnementales – déchets, surproduction, ect… – mais aussi économiques, car qui dit aliments gaspillés dit argent gaspillé. Alors, qu’est-ce qu’on attend pour agir ?

Le problème ne date pas d’hier, et ce n’est pourtant que très récemment que les politiques ont commencé à s’y intéresser. Effectivement, le gaspillage étant en constante augmentation, le monde aura très bientôt des problèmes au niveau de ses ressources. Comment produire encore plus si nous avons atteint notre maximum ? Des mesures commencent à voir le jour : le Parlement européen a décrété que l’année 2014 serait l’Année européenne de lutte contre le gaspillage alimentaire et, il y a à peine deux jours, les ministres Stéphane Le Foll et Guillaume Garot ont annoncé au Salon International de l’Agroalimentaire leur objectif de réduire le gaspillage alimentaire de moitié d’ici 2025. 2025, c’est dans… treize ans. Une date limite un peu lointaine lorsqu’il s’agit d’un problème si important ! 

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Publié par Stéphanie dans Autonomie, 0 commentaire